Il n’existe rien qui ne soit plus imposant que le spectacle que proportionne la vue d’un ciel étoilé. Rien n’alimente plus l’imagination, la sensation de grandeur. Une multitude de petites lumières dispersées, dans des mondes dont on ne connait presque rien, à des millions d’années de distance, dans une confusion indescriptible mais pourvue de la plus grandes des beautés.
Pourtant, soudain en observant la voute céleste, on se souvient que l’homme au travers des âges a classifié chaque une de ses étoiles, a formé des groupes, leur a donné des noms. L’histoire ancienne est écrite dans ces lucioles célestes ; les fables y sont représentées et figurées, les dieux anciens ont encore là haut leurs royaumes.
Toute les civilisations ont observé, interprété et essayer de donner un sens à cet ensemble infini d’étoiles dans des buts différents. Pour prévoir le futur, en utilisant les phénomènes celestes comme manifestations de la volonté des dieux ou bien pour mesurer le temps, les cycles du soleil et de la lune afin d’élaborer les premiers calendriers. N’oublions pas que ce sont les phénomènes astronomiques qui nous servent à mesurer le temps et qui sont à l’origine des notions de journée, année et mois.
La Mésopotamie fut incontestablement le berceau des civilisations du Proche- Orient. C'est là qu'est née une astronomie fondée sur des observations systématiques et soigneusement consignées. Au sud du pays vivait au 4e millénaire le peuple des Sumériens qui atteignit un niveau élevé de civilisation. Au nord vivaient les Akkadiens, peuple sémitique qui, après avoir conquis vers 2.300 av. J.C., les cités souveraines des Sumériens, adopta leur écriture et leur science astrale.
De cette interpénétration pacifique de deux civilisations, à laquelle participèrent également vers 2.000 av J.C. les Amorrhéens, sortirent une civilisation et une doctrine astrale suméro-babyloniennes qui influencèrent non seulement les pays voisins, mais aussi l'Egypte et la Grèce, et même l'Inde et la Chine.
On a retrouvé dans les ruines de l'ancienne Ninive plus de 25.000 tablettes d'argile représentant la plus ancienne bibliothèque du monde, et parmi elles 4.000 tablettes de la collection des présages du roi Assourbanipal, qui régna sur l'Assyrie et sur Babylone de 669 à 626 av J.C.
Vers le Ve siècle avant J.C., les Babyloniens utilisaient pour leurs mesures astrales un cercle gradué de 360 , divisé en 12 parties égales de 30 , autrement dit un Zodiaque. Cela correspondait avec leur calendrier annuel de 12 mois de 30 jours. Leur civilisation périclitant, les astrologues Babyloniens quittèrent ensuite peu à peu leurs observatoires et leurs écoles d'astrologie pour essaimer dans de nouvelles civilisations alors rayonnantes, comme l'Egypte ou la Grèce.
La rencontre de l'astrologie chaldéenne avec l'esprit rationnel grec, leur philosophie naturaliste, leur classement des phénomènes humains en 4 éléments hérité d'Hippocrate fit naître l'astrologie hellénistique; les Grecs structurèrent l'astrologie, l'intégrèrent dans leur système qui survécut aux siècles et est, encore aujourd'hui, le fondement de l'astrologie moderne.
Puis l'école d'Alexandrie, nourrie des connaissances égyptiennes et grecques, rayonne sur le monde culturel de l'époque. Euclide y rédige son traité de géométrie, Eratosthène mesure la circonférence de la Terre et Hipparque découvre la précession des équinoxes, conduisant au décalage entre les signes du Zodiaque et les constellations. Le zodiaque sidéral, qui prend pour point de départ une étoile fixe, est alors remplacé par le zodiaque tropical, qui commence avec le point vernal (0 , solstice de printemps) de l'écliptique. (Sauf en Inde, où les astrologues hindous continuèrent à travailler avec un zodiaque sidéral, système qui refait des émules en France aujourd'hui).
Dès le 1er siècle av J.C., l'astrologue n'a plus besoin d'observer lui-même le ciel, il a à sa disposition des almanachs, des éphémérides et des tables lui permettant de dresser une carte du ciel; l'Ascendant, point du zodiaque qui se lève à l'Est, est encore appelé « horoscope ». Un des plus anciens traité systématique d'astrologie, le « Tetrabiblos », écrit à Alexandrie par Ptolémée vers 150 de notre ère, rassemble les connaissances de l'époque, les codifie et reste, encore aujourd'hui, une des bibles de l'astrologie. La carte du ciel, d'abord divisée en 4 quadrants, puis en 8 (l'octotopos de Manilius et de Firmicus), était alors divisée en 12 Maisons, comme aujourd'hui.

